vendredi 13 mai 2011

Elections locales en Italie - Berlusconi les considère comme un test pour son gouvernement

Ce dimanche et ce lundi, en Italie, se dérouleront les élections locales. Pour Silvio Berlusconi, il s'agit d'un test pour son gouvernement, dont le principal enjeu est le maintien de son parti (PLD) à la capitale économique du pays : Milan.

Dans un message vidéo adressé aux électeurs, le chef du gouvernement déclare : "Chers amis, chères amies, nous devons remporter les élections, non seulement pour bien gouverner nos communes et nos provinces, mais aussi pour confirmer et renforcer notre gouvernement sur le plan national." Le ton est donné.

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Près de treize millions d'électeurs italiens sont concernés. Ils doivent élire leur maire dans un peu plus de 1300 villages et villes. Seulement onze villes ont plus de 100 000 habitants dont Milan, Naples, Turin et Bologne.

Onze conseils départementaux seront également renouvelés à l'issue du scrutin. Le second tour des élections aura lieu les 29 et 30 mai.

Professeur de Sciences politiques à l'université américaine de Rome, Franco Pavoncello analyse ( à la demande de l'agence de presse AFP) la situation : "Du moment que Milan reste à droite, je crois qu'il n'y aura pas de grands changements au niveau national." De plus, il estime qu' :"il y aurait des conséquences en cas de résultats extrêmes : une défaite surprise à Milan ferait tomber le gouvernement car ce serait trop ravageur pour la Ligue qui ne pourrait pas rester au pouvoir en étant désavoué par sa base".

L'appui de la Ligue du Nord, parti d'Umberto Bossi, est indispensable à la survie du gouvernement de Silvio Berlusconi. D'autant plus que les procès dont il fait l'objet actuellement, et plus particulièrement l'affaire Rubugate, l'ont affaibli. Sans parler de la rupture, en fin d'année 2010, avec le président de la Chambre Gianfranco Fini, qui ne supportait plus les scandales provoqués par le Cavaliere.

Du coup, Umberto Bossi (de La Ligue du Nord) en profite pour se vanter : "Regardons la vérité en face: la Ligue a quasiment le pays à sa botte. Berlusconi peut faire des choses, mais pour cela il doit avoir l'accord de la Ligue."

Les regards seront donc braqués sur Milan, dont la maire sortante, Letizia Moratti (PDL), devra affronter à gauche Giuliano Pisapia qui, selon Silvio Berlusconi, aurait un "passé d'extrémiste". Et, "Il me semble paradoxal qu'il y ait encore quelqu'un qui veuille refonder le communisme, l'idéologie la plus criminelle et la plus inhumaine de l'histoire de l'humanité", a-t-il lancé jeudi.

Et mercredi, la tension est montée d'un cran lors d'un débat télévisé entre les deux candidats à la mairie de Milan. Letizia Moratti a frappé fort en affirmant, à propos de son adversaire, qu'il avait été amnistié et non relaxé en ce qui concerne un vol de voiture ayant servi à un enlèvement durant les années de plomb du terrorisme. Giuliano Pisapia a alors porté plainte pour diffamation puisque les tribunaux ont reconnu qu'il n'avait pas commis le délit en question. L'attaque portée par Letizia Moratti a été condamnée par la gauche, mais également par Umberto Bossi.

D'après les derniers sondages autorisés, Letizia Moratti bénéficie de 44 à 48% des intentions de vote. Giuliano Pisapia, lui, obtient entre 40 et 42%.

Les endroits où la gauche fait en général de meilleurs scores que la droite devraient être observés de très près. On pense notamment à Bologne, Turin mais aussi, et surtout, Naples puisque la ville se trouve actuellement sous des milliers de tonnes de déchets.


Quels seront les résultats du Peuple de la Liberté ? Nous le saurons les 29 et 30 mai prochains.  En attendant, la bataille s'annonce rude!

[Informations AFP]

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